Phishing avec Bubble : comment détecter une attaque efficacement ?

Le phishing évolue constamment, devenant plus sophistiqué et plus difficile à détecter. Aujourd’hui, les cybercriminels ne se contentent plus d’envoyer de simples emails frauduleux : ils exploitent des outils légitimes pour renforcer la crédibilité de leurs attaques.

Parmi ces nouveaux outils détournés figure Bubble, une plateforme no-code populaire. Initialement conçue pour créer des applications web sans coder, elle est désormais utilisée dans certaines campagnes de phishing avancées. Comprendre ce phénomène est essentiel pour mieux identifier les risques et protéger les entreprises.

Qu'est-ce que le nouvel outil Bubble pour les escroqueries par phishing ?  

Bubble est une plateforme no-code qui permet de créer rapidement des applications web via une interface visuelle, sans compétences techniques avancées.

Cependant, des chercheurs en cybersécurité ont identifié une utilisation détournée de cet outil. Les cybercriminels s’en servent pour générer des applications web frauduleuses qui servent d’intermédiaires dans les attaques de phishing.

Concrètement :

  • Les attaquants créent une application via Bubble

  • Cette application est hébergée sur un domaine légitime (ex : *.bubble.io)

  • Elle redirige discrètement l’utilisateur vers une fausse page de connexion

Ce procédé permet de rendre l’attaque beaucoup plus crédible et difficile à détecter, car elle repose sur une infrastructure fiable et reconnue.

Comprendre le phishing dans un environnement Bubble  

Dans ce nouveau type d’attaque, Bubble agit comme une couche intermédiaire entre l’email frauduleux et le site malveillant final.

Traditionnellement, les systèmes de sécurité détectent :

  • Les liens suspects

  • Les redirections évidentes

Mais avec Bubble :

  • Le lien pointe vers un domaine légitime

  • L’application semble fonctionnelle et crédible

  • Le code généré est complexe et difficile à analyser

Les chercheurs soulignent que le code produit est souvent un mélange complexe de JavaScript et de structures difficiles à interpréter, ce qui complique la détection même pour les experts.

Résultat : L’utilisateur est redirigé vers une page de phishing (souvent une imitation de connexion Microsoft ou autre service), où ses identifiants sont collectés.

Pourquoi les auteurs de phishing utilisent-ils Bubble ?  

L’utilisation de Bubble dans les attaques de phishing n’est pas un hasard. Elle répond à plusieurs objectifs stratégiques :

  • Contourner les filtres de sécurité : Les liens vers des domaines connus comme bubble.io sont rarement bloqués par les systèmes de sécurité, ce qui permet aux emails malveillants d’atteindre plus facilement les victimes.

  • Exploiter la confiance des utilisateurs : Un lien vers une plateforme reconnue inspire davantage confiance qu’un domaine inconnu.

  • Créer rapidement des pages crédibles : Grâce au no-code, même des attaquants peu techniques peuvent créer des interfaces réalistes.

  • Complexifier l’analyse des menaces : Le code généré est volontairement difficile à analyser, ce qui permet de contourner certains outils de détection automatisés.

  • Industrialiser les attaques : Cette technique peut être intégrée dans des plateformes de “phishing-as-a-service”, rendant ces attaques accessibles à grande échelle.

Comment protéger votre entreprise contre les attaques de phishing sophistiquées  

Face à ces nouvelles méthodes, une approche proactive est essentielle. Voici les mesures clés à adopter :

  • Renforcer la sensibilisation des utilisateurs : Former les employés à reconnaître le phishing et à vérifier les URLs réduit fortement les risques, notamment avec des outils comme ADManager Plus, de ManageEngine qui aide à encadrer et sécuriser les pratiques liées aux identités et aux accès.

  • Mettre en place des solutions de sécurité avancées : Le filtrage des emails suspects et la détection des menaces en amont peuvent être renforcés avec des outils comme M365 Manager Plus de ManageEngine.

  • Vérifier systématiquement les accès : Éviter la saisie d’identifiants via des liens et privilégier les accès directs est essentiel, avec des outils comme ADSelfService Plus de ManageEngine.

  • Activer des protections supplémentaires : Le MFA et la détection des connexions suspectes sont facilitées avec des outils comme  Log360 de ManageEngine.

  • Adopter une approche Zero Trust : Aucun accès ne doit être considéré comme fiable par défaut ; cette approche peut être mise en œuvre avec des outils comme Endpoint Central de ManageEngine.

Conclusion

L’utilisation de Bubble dans les attaques de phishing marque une nouvelle étape dans l’évolution des cybermenaces. En exploitant des plateformes légitimes, les attaquants parviennent à contourner les systèmes de sécurité traditionnels et à tromper plus facilement les utilisateurs.

Ce phénomène illustre une tendance plus large : les cybercriminels innovent constamment en détournant des outils conçus à l’origine pour des usages légitimes.

Pour les entreprises, la réponse ne peut plus se limiter à des solutions techniques. Elle doit combiner technologie, sensibilisation et vigilance continue. Dans ce contexte, comprendre ces nouvelles méthodes est déjà un premier pas essentiel vers une meilleure protection.