NDR et XDR: optimisez la détection et réponse de votre SOC

En 2024, 67% des entreprises françaises ont subi au moins une cyberattaque, contre 53% l'année précédente. Cette progression rapide illustre l'intensification des menaces numériques, qui concernent désormais les organisations de toute taille.

Face à la recrudescence des attaques latérales, des menaces internes et des vulnérabilités zero-day, les centres opérationnels de sécurité SOC doivent gérer des environnements IT toujours plus complexes et hybrides. Les approches traditionnelles, reposant principalement sur les outils SIEM (Security Information and Event Management) et l’EDR (Endpoint Detection and Response), révèlent aujourd’hui leurs limites en matière de visibilité et de corrélation des événements de sécurité. C’est dans ce contexte que les approches NDR (Network Detection and Response, ou Détection et Réponse sur le Réseau) et XDR (Extended Detection and Response, ou Détection et Réponse Étenduess’imposent comme des leviers stratégiques. Elles offrent une détection comportementale avancée et une vision unifiée des incidents, permettant une réponse plus rapide et plus ciblée.

Cet article analyse les défis d'intégration de ces solutions et présente les bonnes pratiques pour renforcer efficacement votre posture de sécurité.

NDR et XDR: rappels essentiels pour un SOC   

Qu’est-ce que le NDR?  

Le NDR (Network Detection and Response, ou Détection et Réponse sur le Réseau) )analyse en continue le trafic réseau, aussi bien nord-sud (flux entrants et sortants) que est-ouest (communications internes). En s’appuyant sur ladétection comportementale et l’analyse d’anomalies, ilidentifie des activités suspectes quedes signatures classiques pourraient manquer. Il complète ainsi les outils existants du SOC (Security Operations Center), comme le SIEM (Security Information and Event Management) et les IDS (Intrusion Detection Systems), en offrant une visibilité approfonide sur la couche réseau.

Qu’est-ce que le XDR?  

Le Extended Detection and Response (XDR) centralise et corrèle les données de sécurité issues de multiples sources – endpoint, réseau, cloud et identité – pour offrir une vision unifiée des incidents de sécurité. Cette approche facilite l’investigation et permet d’automatiser certaines réponses, faisant du XDR un moteur de corrélation complémentaire au NDR.

Pourquoi intégrer NDR et XDR dans un SOC existant?  

L’intégration du NDR et du XDR améliore significativement les indicateurs clés de performance du SOC, notamment le MTTD (Mean Time to Detect) et le MTTR (Mean Time to Respond). Ces technologies réduisent les angles morts en offrant une visibilité accrue sur les flux réseau et les environnements cloud, souvent exploités par les attaquants. La corrélation avancée des événements facilite également la priorisation des alertes, limitant ainsi la fatigue d'alerte des analystes. En centralisant les investigations et en s'inscrivant dans une logique ITOM + SecOps, le NDR et le XDR posent les bases d'une sécurité plus proactive, malgré les défis d'intégration technique et organisationnelle qu'ils peuvent soulever.

Les principaux défis d’intégration dans un SOC existant   

Multiplication des outils et fatigue d’alerte  

L’ajout du NDR et du XDR peut entraîner une prolifération des sources d'alertes Sans stratégie de corrélation robuste, les équipes risquent une fatigue d’alerte accrue, où les signaux critiques sont noyés dans un flux continu d’événements. La redondance des données entre les outils complique l’analyse et ralentit la prise de décision.

Complexité de l’intégration avec le SIEM existant  

L’intégration avec un SIEM en production constitue un défi techniquemajeur. La normalisation et la corrélation cohérente des journaux issus de sources hétérogènes nécessitent une configuration rigoureuse pour éviter les incohérences et les faux positifs.

Impacts sur les processus et compétences du SOC  

Le déploiement du NDR et du XDR impose une révision des processus SOC et des plans d’action. Les analystes doivent adapter leurs méthodes d’investigation et acquérir de nouvelles compétences pour exploiter pleinement le potentiel de ces technologies.

Contraintes opérationnelles    et stratégiques

Des contraintes pratiques persistent, notamment sur le plan budgétaire, l’impact sur les performances réseau, et le choix stratégique entre un déploiement par phases et une approche « Big Bang », souvent plus risquée.

Bonnes pratiques pour une intégration réussie du NDR et du XDR   

Définir des cas d’usage prioritaires pour le SOC

Avant tout déploiement, identifiez les cas d’usage à forte valeur. Le NDR excelle pour détecter les mouvements latéraux et les comportements réseau anormaux, tandis que le XDR est idéal pour les investigations transverses. Cette priorisation guide la configuration et évite la collecte de données inutiles.

Intégrer NDR et XDR dans l’écosystème existant  

Pour maximiser leur efficacité, le NDR et le XDR doivent s’intégrer dans l’écosystème déjà en place : SIEM, ITSM (IT Service Management) et CMDB (Configuration Management Database). Cette interconnexion crée une une vision ITOM unifiée, liant sécurité, gestion des services et inventaire des actifs.

Centraliser la corrélation et l’orchestration  

Positionnez le XDR comme couche de corrélation centrale. En agrégant les signaux du réseau, des endpoints et du cloud, il facilite l’investigation et permet d’automatiser des réponses simples (approche SOAR), tout en gardant un contrôle humain sur les actions critiques.

Accompagner les équipes SOC  

La réussite dépend de l’humain. Investissez dans la formation continue des analystes, adaptez les flux de travail et suivez des KPI sécurité pertinents (comme le MTTD/MTTR) pour mesurer concrètement les gains d’efficacité.

L’approche ITOM de ManageEngine pour NDR et XDR  

L’approche ITOM de ManageEngine unifie la supervision informatique et la sécurité opérationnelle en une seule vision. En intégrant la supervision réseau, l'analyse des flux et la détection comportementale, elle permet aux SOC de contextualiser précisément chaque incident. La corrélation entre événements de sécurité et indicateurs de performance IT accélère l'identification des causes racines et l'évaluation de l'impact business.

Cette convergence offre une visibilité de bout en bout sur les environnements hybrides, où réseaux, applications et cloud sont interdépendants. Pour les SOC modernes, elle est le levier essentiel pour évoluer d'une posture réactive vers une supervision proactive et intelligente.

Conclusion 

Le NDR et le XDR sont désormais des catalyseurs incontournables de la maturité des SOC.Ils renforcent la visibilité, la corrélation et la rapidité de réponse face à des menaces de plus en plus sophistiquées. Leur intégration doit néanmoins être progressive, pilotée par des cas d’usage à forte valeur, et s'inscrire dans une vision unifiée ITOM-Sécurité. Pour réussir cette transition, il est crucial d'auditer son socle existant, de prioriser les besoins du SOC et d'adopter des solutions qui alignent parfaitement outils, processus et compétences.